Création - transmission

passer la main, ça n'est pas la tenir

Publié le 09/09/2019 - Par dominique.gruso...

Quel a été votre premier pas vers la cession–reprise ?
Philippe Lacour
Je voulais céder en partant à la retraite ; j’ai cherché pendant trois ans, en passant par la CCI qui a mis des annonces en ligne.

Wilfried Barbot
Pendant plusieurs mois, j’ai regardé ce qui se passait sur le marché de la reprise en faisant de la veille sur le web. Je suis tombé sur l’annonce de la Métallerie de la Loire. L’entreprise n’était pas citée nommément mais les quelques informations qui figuraient dans l’annonce m’ont laissé supposer qu’il pouvait s’agir de la Métallerie de la Loire ; j’avais travaillé ici quelques temps à une époque, en tant qu’intérimaire.

Comment avez-vous été mis en relation ?
Wilfried Barbot

Je me suis rapidement positionné car la taille de l’entreprise et son métier m’intéressaient. J’ai missionné un prestataire de conseil qui a initié les démarches - prises de contact, analyse des éléments financiers - avant d’envisager une première rencontre.

C’était important pour vous d’être accompagné par des conseils externes ?
Wilfried Barbot

Pour moi, cela a été indispensable. Racheter une entreprise, ce n’est pas mon métier. Je ne maîtrise pas le sujet. Les conseillers savent poser les bonnes questions et négocier.

Philippe Lacour
Moi, je n’ai pas ressenti le besoin d’être accompagné. Je connaissais la valeur de mon entreprise. Nous sommes rapidement tombés d’accord sur le montant de la valorisation.

Quels sont selon vous les critères à bien étudier avant de céder et de reprendre ?
Philippe Lacour

Une cession, c’est avant tout une rencontre. Des repreneurs potentiels, j’en ai rencontré plusieurs. Il y a deux profils : les techniciens, comme Wilfried, qui cherchent à construire, dans un métier qu’ils aiment. Et les financiers, qui ne regardent que les chiffres, qui pourraient tout aussi bien vendre des cacahuètes, et qui se moquent de la dimension humaine. Je suis peut-être ‘vieille France’ mais l’humain est très important pour moi ; je voulais un repreneur qui respecte et maintienne les personnes en place dans l’entreprise. L’argent, ça compte mais ça ne fait pas tout.

Wilfried Barbot
Je partage cet avis ; tout est question de relation humaine. Ça n’est pas évident pour un repreneur de jauger vraiment ce qu’est l’entreprise. Il faut poser beaucoup de questions et avoir la chance de tomber sur des personnes passionnées qui sont prêtes à transmettre, avec plaisir, ce qu’elles savent. C’est primordial car, au-delà de l’argent, on y met notre cœur.

Comment avez-vous communiqué en interne ?
Philippe Lacour

Dès la signature du compromis en avril, j’ai informé l’équipe. La finalisation de la vente a pris un mois de retard par rapport à l’échéancier que nous avions mis en place ; ça les a forcément un peu inquiété. Je me suis montré rassurant : ils allaient passer d’un vieux patron à un jeune dynamique, cela change forcément des choses mais à part le bâtiment et la tête, tout le reste a vocation à continuer.

Comment vous êtes-vous organisés pour la passation ?
Wilfried Barbot

Nous sommes restés en binôme un mois après la vente, pour que je puisse m’imprégner des projets, rencontrer les clients, et poser toutes mes questions. Avant cette période, j’étais déjà régulièrement venu dans l’entreprise pour prendre mes marques et organiser le déménagement du matériel et du stock.

Philippe Lacour
Cette période ensemble a été indispensable. Elle a aussi permis de dire : « Voilà, c’est Wilfried le patron désormais. » Il sait qu’il peut m’appeler à tous moments en cas de besoin mais il faut savoir s’effacer. Passer la main, ça n’est pas la tenir.

Avez-vous rencontré des freins ?
Philippe Lacour

La lourdeur administrative peut rebuter les meilleures volontés, et les banques sont frileuses. Nous manquons de bons candidats à la reprise, de personnes motivées et tenaces. Des entreprises ferment à cause de cela.

Wilfried Barbot
Il faut accepter que cela prenne du temps – sept mois dans notre cas. Mais le plus compliqué, à mon sens, est de s’engager de toutes parts avant même d’être certain d’obtenir des financements. Il faut oser s’engager sans garantie. Heureusement que des conseils existent pour aider et guider. Ils sont précieux et rassurants pour dépasser les nombreuses interrogations qui se posent.

 

Aurélie Jeannin

Anjou Eco n°56 - septembre 2019

Contact CCI :
Nadège Lardier

02 41 83 53 69
nadege.lardier@maineetloire.cci.fr

 

Zoom

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« Quand le business imprime un tempo d’ultra-vitesse et d’ultra-réactivité, la transmission nécessite de prendre un autre rythme. C’est un processus très long, avec des hauts et des bas, des moments d’euphorie et des moments de déception. Pour cela, il est indispensable de se faire accompagner par des gens dont c’est le métier, des experts à la fois techniciens, stratèges, voire psychologues, qui objectivent, dépassionnent et prennent le temps de faire les bons choix pour l’avenir, pour chacune des parties. »

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Anjou Eco n°56 - septembre 2019

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